L’art et la manière de repousser ses limites

Il en faut toujours plus. Darwinisme, volonté de puissance, compétition, peu importe comment on appelle le phénomène, la nature (et l’être humain) est expansionniste.

Le constat est profondément amoral. Les sociétés humaines se sont construites sur la répression ou la régulation de ces instincts, et c’est probablement mieux ainsi.

Il n’en reste pas moins que « devenir plus » est l’un des plus grands bonheurs de l’existence. Et c’est bien souvent la raison qui nous pousse dans nos meilleurs retranchements.

Repousser ses limites

« Notre bonheur, c’est le sentiment que la puissance grandit, qu’une résistance est surmontée »

Friedrich Nietzsche

La grande illusion du matérialisme, c’est de nous faire croire que « avoir plus » peut remplacer « devenir plus ».

C’est faux. On aime croire que les lecteurs d’Anti Procrastination sont plus intelligents que la moyenne, alors on pense que vous le savez.

Seulement, il est plus difficile de « devenir plus » que « d’obtenir plus ». Il faut flirter avec ses limites. Et ça, ça demande courage et détermination.

« Je n’arrive même pas à me motiver assez pour atteindre mes limites, alors les repousser… »

Vous avez certainement une vision fausse de vos limites. Elles sont à la fois plus basses et plus hautes que vous ne le pensez.

On s’imagine tous capables de choses uniques, mais seule une infime fraction d’entre nous parvient à réaliser ses rêves. Le monde regorge de gens intelligents et bien éduqués. A notre époque, les ressources rares sont la volonté et la discipline.

De ce coté ci, il y a des chances pour que vos limites soient très basses. Bien plus basses que vous ne le pensez. Si vous avez moins de 30 ans, vous avez grandi à l’air d’internet, sous perfusion de récompenses immédiates. Toute tâche longue et fastidieuse doit vous paraître insoutenable. Peut être même que pour vous l’idée de bonheur se résume à une vie sans aucune obligation et un abonnement à Netflix.

Alors pourquoi faire l’apprentissage de la discipline quand une vie facile semble possible?

Tout simplement parce que vous n’avez pas le choix. Les marchés financiers continueront de crasher, vous perdrez peut être votre emploi, votre santé va peut être se dégrader, votre femme va peut être vous quitter, et Netflix vous paraîtra une bien faible consolation.

La seule façon de parer à cela, c’est de vivre votre vie selon vos propres termes. Et avant de domestiquer votre environnement, il va falloir commencer par vous domestiquer vous même.

Vos limites se trouvent dans vos standards

En matière de résultats, ce n’est pas tant repousser ses limites qui importe que repousser ses standards. Une performance unique est vite oubliée. Une performance répétée est le signe d’une montée en puissance.

Vous n’irez nulle part sans standards.

Vos standards sont hautement corrélés à vos habitudes. Et par chance, vos habitudes sont la partie de vous même la plus facile à changer.

« Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée »

Aristote

Pour repousser vos standards, il faut pourvoir les mesurer. Devenez un analyste. Il vous faut comprendre vos performances et vos goulots d’étranglement. Ce qui veut dire qu’il va falloir laisser tomber votre égo et être critique avec vous même.

Vous ne changerez pas tout d’un coup. Et si vous essayez, vous échouerez. Nos cerveaux présentent une forte résistance au changement. il faut ruser.

Tout travail sur vos habitudes et vos standards doit se faire de manière incrémental. Petites touches par petites touches. Le truc c’est d’essayer d’aller chercher toujours un peu plus, sans réveiller la résistance de votre cerveau.

Exercice d’équilibriste. La pratique sportive est une excellente école de la progression incrémentale et de la discipline. Mettez vous y.

Les vertus de la consistance. Repousser ses limites est une affaire de patience

Tous ceci est un processus lent et gourmand en efforts. Beaucoup de gens surestiment grandement ce qu’ils sont capables de faire en 1 an, mais sous estiment encore plus ce qu’ils sont capables de faire en 10 ans.

La consistance dans l’effort est là ou la grande majorité des rêves se brisent. Nos cerveaux sont plus préoccupés des conséquences immédiates. S’intéresser au long terme, c’est lutter contre sa nature.

Le seul moyen de faire face à ça, c’est de choisir des projets qui vous touchent à cœur. Il faut découvrir votre principe directeur. Si vous vous lancez à 50% seulement, vous n’irez pas au bout. Créez des enjeux, remodelez votre vie autour de votre rêve. La patience et le travail feront le reste.

En fait, la plupart de ceux qui réussissent ont fait de leur projet une obsession. Et c’est le temps qu’ils investissent qui fait la différence. Peut être que vous n’avez aucune passion. Rien qui ne puisse vous pousser dans vos derniers retranchements. C’est que vous avez mal cherché.

Parfois le travail nait de la passion, parfois c’est l’inverse. Vos passions se dissimulent sûrement sous des intérêts que vous n’avez fait qu’effleurer.

Repousser ses limites est un acte à la fois libérateur et créateur. C’est refuser le statu quo et croire qu’on peut faire la différence.

C’est aussi dans ces moments qu’on peut découvrir qui l’on est vraiment, et de quoi on est réellement capable.

La vie en occident est incroyablement confortable. Et pour beaucoup, il parait dérisoire de fournir des efforts supplémentaires pour repousser ses limites alors qu’une vie de confort est possible.

Et c’est là que vous devez faire un choix. Votre bonheur passe t’il par le confort? Ou sentez vous au fond de vous même un appel à devenir plus?