Comment utiliser la privation sensorielle pour devenir plus créatif

Publié le : 05 décembre 20187 mins de lecture
light creative abstractLa privation sensorielle est une méthode de torture mise au point par la CIA dans les années 50. Paradoxalement, c’est aussi une méthode qu’on utilise pour devenir plus créatif.

On a commencé à l’utiliser de manière consciente. Cette résolution est partie de deux constats:

  1. Mes nuits d’insomnies sont incroyablement productives en terme de créativité.
  2. Les coupures d’électricité (le quotidien quand on vit à Bangkok) produisent le même effet.

Le point commun de ces deux évènements est qu’ils me plongent dans un état de privation sensorielle. Pas d’internet, pas de bruit, pas de lumière. Rien que le cerveau et le vide.

Et c’est quelque chose de très rare pour notre époque. Essayez donc de penser à la dernière fois que vous vous êtes retrouvé dans cette situation.

Pourtant, ce qui était au départ une contrainte est vite devenu pour moi une nécessité. On utilise dorénavant la privation sensorielle de manière délibérée. C’est une pratique qui peut grandement bénéficier à votre créativité, et on va vous montrer comment.

Note: Presque tout ce que vous pouvez lire sur Anti Procrastination à été pensé dans un état de privation sensorielle.

Comment la Privation Sensorielle Fonctionne: l’Hypersuggestibilité

En faisant des recherches pour l’écriture de cet article, on s’est vite rendu compte qu’on n’est pas les seuls à s’intéresser à cette pratique.

En dehors des bourreaux de la CIA, il y a en effet tout un pan de la psychologie qui s’est penché sur le phénomène.

Leurs conclusions sont les suivantes: privé de stimuli le cerveau se place en état d’hypersuggestibilité.

En langage courant, ça veut dire que votre cerveau s’emmerde tellement qu’il va s’acharner à décortiquer la moindre information qu’il peut se mettre sous la dent, à l’analyser sous tous les angles et à en dériver toutes les conclusions possibles.

Le rêve des créatifs.

Vous mettre en état de privation sensorielle, c’est donc dire à votre cerveau: « pense à comment écrire un article sur la privation sensorielle, voilà ta seule source de distraction ».

Privé de toute alternative, votre cerveau va finir par carburer sur le sujet pour la simple raison qu’il est incapable de ne rien faire. La nature a horreur du vide.

Les clés de la réussite : On coupe tout

Bien. Passons à la pratique.

Pour qui n’a jamais connu un état de privation sensorielle, il peut être très difficile d’y arriver. On ne se débarrasse pas de décennies de dépendance à l’information comme ça.

Après des mois passés à essayer de nous mettre volontairement en état d’hypersuggestibilité, on a fini par mettre au point une routine qui fonctionne quasiment à tous les coups:

1- Être seul

2- Couper les lumières, s’isoler du son (si nécessaire avec des boules quies) .

3- S’allonger sur un lit

4- Pratiquer un « échauffement mental »

On a piqué le mien à Mike Cernovich qui l’a lui même piqué à John McEnroe. Pour les non Anglophones:

Compter à rebours de 100 à 1 aussi vite que possible, puis penser à un nom commun pour chaque lettre de l’alphabet en lui associant des couleurs et des formes, trouver 10 prénoms de filles puis 10 prénoms de garçons. Cet échauffement mental est conçu pour stimuler les deux hémisphères du cerveau et les relier entre eux.

5- 20 minutes de respiration de type méditative.

C’est la partie la plus difficile. Les premières minutes, votre cerveau va lutter contre cette privation sensorielle. On craque encore régulièrement à cette étape pour me précipiter vers de l’information fraîche et débilitante.

Il faut environ 20 à 30 minutes pour atteindre l’état d’hypersuggestibilité. Mais un fois atteint, vous ne voudrez plus en sortir. C’est une sensation très agréable, mais surtout très productive. Vous allez vous retrouver avec un cerveau à la productivité complètement dopée.

L’importance du calepin

Tous les créatifs le savent, une excellente idée peut s’immiscer dans votre esprit quelques secondes avant de s’échapper à tout jamais.

Un calepin lors d’une séance de privation sensorielle est plus que nécessaire. Des dizaines d’idées vont se présenter à vous et il faut pouvoir les noter pour faire le tri une fois sorti de cet état.

On a rempli 4 de ces calepins. On n’utilisera jamais 95% des idées qui y sont inscrites, mais au moins on sait où chercher lorsqu’on est en panne d’inspiration.

Si vous pratiquez correctement la privation sensorielle votre principal souci ne sera plus comment trouver des idées pour votre activité créative, mais comment les trier.

Avoir plein d’idées c’est bien. Mais on peut vite s’éparpiller.

Toutes les idées ne sont pas bonnes pour vous (même si elles sont bonnes dans l’absolu). Vous devez apprendre à vous concentrer sur celles qui bénéficient à votre plan.

Prenons un exemple.

Lors de la dernière séance de privation sensorielle s’est venue l’idée d’un blog sur l’automatisation du web. Cette grosse tendance du Web Marketing n’a encore aucune adresse de référence.

Bien qu’on ne doute pas du succès d’une telle entreprise, on n’a ni le temps, ni les compétences pour ,ous lancer dans un tel projet.

Comme on ne souhaite pas s’éparpiller, cette idée restera (probablement) dans le carnet. D’autres, plus utiles dans l’immédiat, bénéficient d’un plan d’application.


On espère vous avoir donné envie de vous lancer dans la pratique de la privation sensorielle. Si vous avez un métier ou une activité créative, on fait le pari que vous deviendrez rapidement accro.

Pour les plus fortunés d’entre vous, sachez qu’il existe des caissons d’isolation sensorielle prévus à cet effet.

On a traité dans cet article que des bienfaits de la privation sensorielle par rapport à la créativité. Sachez cependant que c’est une pratique qui est utilisée pour de nombreux autres bénéfices. Productivité, relaxation et même traitements médicaux. Les recherches pullulent à ce sujet et on est certain que nous verrons de nouvelles applications dans les années à venir.

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